Idée folle de courir mon premier Marathon

Publié par sebastien le

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  

Depuis le temps que j’y pense. Cela fait sept ans que je cours, dont quatre régulièrement et deux ans en club .

J’ai par le passé participé à quelques dizaines de courses par an et en tout genre, course nature, Trail, sur route, à obstacles, déguisée… mais un marathon jamais.

Je vais être honnête. J’ai toujours rêvé d’en faire un et quand je parle de le faire c’est avec un maximum de plaisir en ayant un “niveau”, c’est-à-dire pouvoir le boucler tout simplement sans se blesser pour y arriver.

Pour la petite histoire j’étais parti sur un semi-marathon qui se déroulait un mois avant et qui se prépare tout aussi sérieusement. Ne sachant pas exactement comment m’y prendre de la manière la plus intéressante, je décide de participer aux entraînements commun de mes potes du club qui justement préparent le marathon de Metz mirabelle pour mi-octobre.

Il n’aura pas fallu longtemps pour que les bougres me tendent la perche en me rassurant sur la possibilité s’y arriver avec mon niveau actuel et l’encadrement adéquat déjà en place. Niant mon engagement (déjà pris mentalement en fait) je continue les entraînements avec eux, n’y comprenant rien au latin du Runner. Il faut dire que j’ai quasi toujours couru aux sensations donc à part quelques dialectes de ci/de là, il me fallait comprendre avant d’appliquer.

Je me plonge dans mon autre passion qui est la lecture afin d’y dénicher le bon jargon et le comprendre pour l’appliquer .VMA/FCM/cadencé/au seuil/endurance dure…

C’est bon j’ai compris, cependant l’appliquer est autre chose. Je me fierai donc au cardio dans un premier temps pour ensuite réussir à trouver mon allure marathon selon mon niveau sans regarder ma montre (vitesse affichée) et il m’aura fallu arriver à la huitième semaine pour la trouver au ressenti .

La préparation physique

Ce n’est pas sorcier, 10 semaines de sacrifices à faire a hauteur de quatre à cinq séances/semaine, oui Msieur/Dames et qui peuvent se découper ainsi.

  • Une séance de cadencé
  • Une séance d’allures soutenues proche de l’allure marathon
  • Une à deux sorties le week-end dont une de plus en plus longue,allant jusqu’à 30km pour les plus téméraires.
  • Une séance de récupération en début de semaine

Ce n’est pas insurmontable, il faut avancer séance après séance et ne pas regarder tout ce qui reste à faire. Je regardais la veille l’entraînement à faire, voir seulement la semaine en cours et pour le reste je n’y prenais pas attention  .Cela ne sers à rien .

A mi-parcours de cet entraînement j’apprends que mon semi-marathon est annulé. Je m’annonce donc sur le marathon de Metz avec mes amis. Ce serait dommage de ne pas aller au bout de cette prépa déjà bien entamée non. J’ai le sentiment de me re-découvrir au travers des entraînements. J’ai gagné en vitesse, j’arrive enchaîner deux voir trois séances d’affiliée (sans jours de récupération entre deux séances). Je me rend compte d’un des secrets de notre corps. Pour peu que nous ne forçons pas à l’extrême, que nous mangeons correctement et dormons suffisamment, le corps saura s’adapter et s’améliorer selon ce qu’on lui demandera de réaliser, pour autant de le faire intelligemment. De la manière crescendo . D’ailleurs sur les quelques séances que j’ai loupé je ressentais un gain d’énergie énorme et dormais bien moins.

Attention, je parle dans le cadre d’une prépa bien ficelée, après la compétition STOP. Place à la récupération.

On continue notre petit bout de chemin avec le groupe et on se sent de plus en plus en confiance. Ah oui j’ai oublié de parler de l’objectif. Quel temps je veux réaliser. C’est le nerf de la guerre dans le monde des courses route. Et bien je n’en n’ai aucun. J’ai bien une idée en tête mais vraiment vague et mon autre secret c’est de se concentrer sur le plaisir de la course et non sur le temps.

La préparation mentale

L’une ne va pas sans l’autre. Si on n’y prête pas attention il est certain d’arriver avec la boule au ventre avec plein de doutes, d’angoisses… Pour avoir prêté beaucoup d’attention depuis plusieurs mois je peux vous dire que pour une même préparation le petit plus ce fait ici. Croyez moi.

Déjà, réaliser que nous allons souffrir très certainement et qu’il faudra l’accepter est une forme d’intelligence qui se travaille. Le nier c’est allé droit dans le mur. Il faudra mettre la préparation en premier plan et votre vie tournera autour de cela. Adapter sa vie familiale, sociale et professionnelle c’est aussi ça le marathon.

Ensuite, comme je l’ai dit plus haut, ne pas regarder la totalité des entraînements à venir mais plutôt se focaliser sur le suivant. Par mon travail posté il fallait que je visualise mon planning a la semaine. Je surlignais chaque entraînements réaliser, cela me permettait de voir le travail déjà accomplit.

Trois semaines avant le Jour J je commençais à visualiser la course mentalement, comment je serais au départ (tout sourire c’est sûr), à 5km, 10, 21, 25… jusqu’au fameux mur. Puis, je tentais l’expérience d’élaborer un schéma mental pour me redonner du jus après l’inconnu du mur. Enfin je me voyais passer la ligne d’arrivée. Cette image il faut se la visualiser tous les jours et le plus souvent possible, en faire un ancrage.

La veille on va chercher les dossards. Une très bonne occasion pour se rendre sur le village de l’événement et mettre une image concrète à cette image mentale. Je me place sur la ligne d’arrivée et je me vois la traverser.

Le jour J

La pression monte. La pression? NonJe suis surexcité, il est temps .

On se place sur la ligne de départ. Je suis tout sourire, la nuit fût bonne et je n’ai aucun soucis à me faire pour le moment. Je m’enflamme top départ et je pars à mon allure marathon pré-définit. Je tiendrais cette allure jusqu’au 21 ème km.

De la famille et des amis du club sont sur le parcours un peu partout et cela aide vraiment. Il fait chaud ce qui n’aide en rien et me rends compte que mon allure est trop soutenue, une évidence que je ne comprends pas sur le moment, je cours trop vite et je bats mon temps sur Semi de 10 minutes.

A partir de la tout s’emballe, je ralentis de plus en plus jusqu’à me retrouver au mur (27 ème km) et m’arrête ce qui est une erreur. Autant dire que c’est cuit mais que je compte bien repartir au plus vite, ce que je fais mais je recommence à marcher au 30 ème et la plus de lucidité. Que m’arrive t-il?  Tout le plan échafaudé tombe à l’eau .

De plus, je commence à voir comme de la fumée blanche quand je m’arrête (manque de sucre dans le corps après recherche). Mais je ne renonce pas et en chaîne les marches et course avec la ferme intention (la dernière encore en moi) de devenir finisher. Les deux derniers km seront une euphorie malgré tout. Au bord des larmes de me rendre compte de l’exploit qu’il y a dix semaines me paraissait insurmontable. Les gens nous encouragent et je franchis la ligne d’arrivée avec le même sourire (plus marqué forcément) qu’au départ .

Je suis marathonien

Plus jamais ça, quel torture. Mais 2 jours plus tard, oh le marathon d’Amsterdam, Ah le marathon de….

Une fois que le virus est choppé bonjour pour l’enlever et comme on me l’a souvent dit, inscrits toi et ensuite tu t’arrangeras pour gérer. Alors vos inscriptions les Runners.

Je peux vous dire que c’est une expérience qui ne s’explique pas et qu’il faut vivre de l’intérieur.

Et toi alors? quel action as tu réalisé et qui t’as déstabilisé , que tu ne pensais pas réussir?

Dis le moi en commentaire en dessous .

 

 

 

 

 

 

 

 


Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 98
    Partages
Catégories : Recit

8 commentaires

Nicolas · 6 décembre 2018 à 11 h 53 min

C’est surtout une idée folle parce que ça donne envie de recommencer et d’espérer faire mieux.
Moi j’ai fait mon premier marathon à Paris cette année où je devais accompagner un ami qui a dû déclarer forfait. Je l’ai donc fait seul et j’ai aussi marché.
Du coup j’ai tenté aussi celui de Metz où j’ai craqué aussi mais plus tard.
Et l’envie d’en refaire un et de le terminer sans m’arrêter est toujours bien là.
C’est vraiment une course magique !!!

    sebastien · 7 décembre 2018 à 11 h 36 min

    Donc en 2019 tu remets ça alors ?

Patrick Floquet · 6 décembre 2018 à 18 h 49 min

Merci Seb pour ce retour d’expérience et encore bravo à toi ! Perso, je ne pensais jamais, il y a encore 2 ans, pouvoir réaliser un trail de 85 km ! Et bien, c’est fait ! Toujours dans l’optique de se faire plaisir( le chrono n’a aucune importance pour moi, si ce n’est passer les barrières horaires !)
Un ultra de 108 km en 2019 ? Chiche !

    sebastien · 7 décembre 2018 à 11 h 35 min

    Bien sur chiche Patrick. Très belle objectif en effet. Le pire c’est que tu en es capable .

Sébastien Brédard · 3 janvier 2019 à 22 h 08 min

Tu aes parti un peu pied au plancher (l’euphorie de courir un marathon, j’ai connu cela à mon premier aussi). Tu avais quoi comme base pour partir si vite au point de battre ton record sur semi de 10 minutes? Normalement, le temps prévisionnel se calcule à peu près comme suit : “(temps sur semi x2) + 10-15 minutes”. Du coup, tu as explosé, tu as eu le mur assez tôt. Enfin, cette expérience te servira pour ton prochain marathon puisque tu as chopé le virus… comme moi!

    sebastien · 3 janvier 2019 à 22 h 13 min

    Je comptais partir sur du 5:30min au km ce qui n’était pas du tout bien calculé en effet . Le prochain je le cours sans m’arreter Et donc plus doucement promis . Oui au moins j’aurais appris des trucs que je ne reproduirai plus .

      Sébastien Brédard · 3 janvier 2019 à 22 h 19 min

      entre 6’00 et 6’15 serait une décision sage, et de dépasser des coureurs après la mi-course t’aide pour le fameux “mental” dont tu parlais.

sebastien · 5 janvier 2019 à 11 h 48 min

Oui ce sera plus judicieux en effet, merci du conseil. C’est tout de même dur de ne pas partir comme un balle vu le peu de km fait les 10 jours avant. Les jambes bouillonnent.

Laisser un commentaire